Nouveau Programme d’habitation abordable Québec (PHAQ) : le gouvernement tend le carnet de chèques au privé au lieu de répondre aux besoins des ménages les plus vulnérables – Fédération des OSBL d'habitation de Montréal
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Nouveau Programme d’habitation abordable Québec (PHAQ) : le gouvernement tend le carnet de chèques au privé au lieu de répondre aux besoins des ménages les plus vulnérables

Communiqué – pour diffusion immédiate

Montréal, 3 février 2022 – C’est avec consternation que la Fédération des OSBL d’habitation de Montréal (FOHM) a pris connaissance du nouveau Programme d’habitation abordable Québec (PHAQ) qui, contrairement à ce que prétend la ministre de l’Habitation, remplacera à court terme le programme Accés Logis Québec. Ce nouveau programme ne s’adressera plus aux personnes à faible revenu, mais aux personnes à revenu « modeste » et sera également ouvert au secteur privé. Non seulement l’annonce de ce programme n’a fait l’objet d’aucune consultation du secteur de l’habitation, mais il ne répond pas aux problématiques actuelles de la crise du logement, et tout particulièrement pour Montréal.

Le nouveau programme abandonne totalement les ménages à faible revenu, car le PHAQ ne sera pas accompagné du programme de supplément en loyer (PSL), qui permet actuellement de fixer le prix du loyer à 25% du revenu des locataires. « Deux volets du programme Accès Logis permettaient de construire des logements subventionnés ciblant les populations plus vulnérables et discriminées sur le marché privé, telles que les personnes à risque d’itinérance, celles ayant des problèmes de santé mentale, des aînés qui n’ont que leur pension gouvernementale comme revenu, des personnes handicapées. Rien de tel n’est prévu ici », déplore Chantal Desjardins, directrice générale de la FOHM.

De plus, l’ouverture au secteur privé est quant à elle très inquiétante puisqu’un investisseur privé pourra désormais obtenir une subvention contre la promesse de maintenir le prix du loyer à un coût abordable entre 15 ans et 35 ans selon sa volonté. Il pourra aussi à l’issue de cette période revendre l’immeuble, empocher un profit, et ce sans rembourser un dollar de subvention publique ni se soucier de l’avenir des locataires. Il pourra également mettre fin à l’entente quand il veut en payant une pénalité. « En définitive, cela signifie qu’on finance les promoteurs immobiliers, pour qu’ils fassent des profits avec l’argent des contribuables », souligne Mme Desjardins. « Nous avons vu ce que cela a pu donner comme dérive des fonds publics et détournement de subventions au niveau fédéral, pour des programmes similaires qui n’avaient finalement d’abordables que le nom », fait remarquer la directrice. De plus, un nouveau système d’appel à projets obligera les entreprises ou les organismes sans but lucratif en habitation à déposer des projets dans un délai de 45 jours. Les grands promoteurs privés auront une longueur d’avance sur les OSBL d’habitation, car ils possèdent souvent déjà des terrains et des ressources importantes pour préparer ces dépôts de projets.

En plaçant les organismes communautaires dans une situation de concurrence déloyale avec le secteur privé, la ministre nie toute l’expérience et l’expertise du secteur. Alors que depuis plus de 30 ans un réseau d’organismes communautaires a développé plus de 55 000 logements au Québec, dont 20 000 à Montréal, on leur imposerait désormais de produire des projets dans des conditions absolument inadaptées à leur réalité. « Au lieu de reconnaître le travail et l’efficacité des organismes communautaires, le gouvernement tend le carnet de chèques aux promoteurs immobiliers, c’est insultant ! Comment croire qu’un promoteur immobilier saura soutenir des personnes avec des problèmes de santé mentale ? » fait valoir Mme Desjardins.

La ministre prétend qu’il y aura des logements en chantier dès cet été et que 2000 logements pourraient être construits en un an. « Tout comme pour sa négation de la crise du logement, la ministre semble ne pas connaître les réalités du terrain et les enjeux vécus dans le secteur de la construction. Actuellement, les projets en cours peinent à obtenir des soumissions des entrepreneurs, car il y a un manque criant de main-d’œuvre et les coûts de construction sont exponentiels. » La ministre prétend annoncer encore plus de logements abordables pour les Québécoises et les Québécois. « En réalité, c’est un immense recul que nous annonce aujourd’hui la ministre et loin de voir diminuer le nombre de personnes itinérantes à Montréal, il ira en augmentant », conclut madame Desjardins.

La FOHM demande à la ministre de l’Habitation de consulter tous les partenaires et partis d’opposition sur sa proposition afin de répondre réellement aux besoins des ménages qui paient plus de 25 % de leur revenu en loyer. De plus, la FOHM demande un investissement à la hauteur des besoins de la population dont plus 37 000 ménages sont inscrits sur des listes d’attente pour en logement social.

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La FOHM regroupe plus de 250 OSBL d’habitation sur le territoire de l’île de Montréal représentant près de 20 000 logements. Ces organismes ont pour mission d’offrir des logements et de soutenir des ménages à faible revenu dont, des personnes seules, à risque d’itinérance, des aînés, des familles monoparentales ou encore, des femmes victimes de violences.


Pour plus d’informations :
Claire Garnier, responsable de la vie associative et politique : 514-947-8564 (cell)