Élections municipales – Valérie Plante promet 60 000 logements «vraiment abordables» – Fédération des OSBL d'habitation de Montréal
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Élections municipales – Valérie Plante promet 60 000 logements «vraiment abordables»

Ce mercredi 22 septembre, la mairesse Valérie Plante annonçait fièrement son nouveau plan pour du logement «vraiment abordable» lors d’une conférence de presse diffusée sur Facebook.

Projet Montréal annonce ainsi « 60 000 logements vraiment abordables » sur plusieurs années, si l’actuelle parti  est réélu pour un deuxième mandat. Selon Valérie Plante et son conseiller à l’habitation, Robert Beaudry, ce projet de grande envergure est désormais possible puisque ces quatre dernières années ont permis de passer différents règlements qui ouvrent la voie. Le Règlement pour une métropole mixte, qui impose la construction de logements sociaux et abordables dans chaque nouveau développement immobilier, ainsi que le droit de préemption sur les terrains permettent en effet désormais à la Ville, selon la mairesse-candidate, d’aller de l’avant avec la construction de logements abordables. Cette dernière prévoit d’ailleurs investir 800 M$ pour l’achat de terrains.

En utilisant son droit de préemption, la Ville prévoit ainsi  développer massivement ces logements destinés à « freiner la spéculation » sur les terrains qui lui appartiennent ou non (Hippodrome, Louvain Est, Lachine-Est) et plus largement dans l’Est de la Ville, pariant sur le développement de ce secteur avec la création du REM de l’est et la prolongation de la ligne bleue.

Des logements réellement abordables ?

Définis comme des logements avec un prix « à 90% de la valeur du marché », les logements abordables promis seront tout autant locatifs que privés, mais ils devront également garantir une abordabilité sur 40 ans, notamment en limitant la hausse annuelle de la valeur de revente de ces logements à 3%.

Cette annonce met donc l’accent sur le logement, et sur le logement abordable dans le but exprimé de maintenir une mixité sociale à Montréal : comment ne pas s’en réjouir ? Néanmoins, plusieurs questions demeurent encore en suspens.

Tout d’abord, alors qu’on a déjà vu des programmes de logements abordables détournés de leur fonction pour permettre à des investisseurs immobiliers de s’enrichir, faute de contrôles prévus, comment une administration Plante II prévoit-elle pouvoir vraiment  contrôler le montant de ces loyers abordables dans la durée ? Ou encore, les prix  de ventes pendant les prochaines décennies ? De plus, alors que ces logements se veulent abordables, leur prix de vente ou de location est fixée à 90% du prix du marché, ce qui d’une part indique que ces prix demeurent indexés sur le marché privé qui pourrait poursuivre son envol, et que d’autre part, ces montants demeurent inaccessibles pour de très nombreux montréalais.

Par ailleurs, lors de son annonce, la mairesse a spécifié que ces logements abordables pourraient être gérés autant  par le secteur privé que par des OBNL. Il y aurait peut-être un  intérêt de la part d’OBNL en habitation à s’occuper de logements abordables, mais la mission de la grande majorité d’entre eux ne s’adresse pas à la classe moyenne, mais bien aux ménages à faible revenu. Ce pourquoi ils ont été fondés.

Reste alors un manque évident dans ce programme malgré ses ambitions : le logement social. La mairesse  a ce matin signalé que le logement social était de la responsabilité du gouvernement québécois mais, si le financement de ces unités relève directement du pouvoir des gouvernements, Montréal s’est doté de son propre programme de logement social, Accès Logis Montréal. Quels projets et quelles ambitions Projet Montréal nourrit-il pour les montréalais aux revenus trop modestes pour le logement abordable ?

« La FOHM a hâte de découvrir les plateformes complètes des candidats sur ces enjeux, et de les interroger sur le sujet essentiel du logement lors de notre débat sur l’habitation « Habiter Montréal, parlons-en! » qui se tiendra le 12 octobre prochain.