Vieillir, et être surveillé par son facteur ? – Fédération des OSBL d'habitation de Montréal
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Vieillir, et être surveillé par son facteur ?

France, 2017

Depuis une semaine, les Français ont la possibilité de souscrire un nouveau service auprès de La Poste : « Veiller sur mes parents ».

La principale entreprise de service postal, ancien service public, facture ainsi aux usagers qui en font la demande un service qui prétend veiller à la bonne santé de leurs parents âgés.

Comme le rapport le journal Le Monde : « Après une première formation d’environ trois heures et une “habilitation”, les postiers peuvent rendre visite à des personnes âgées pour “s’assurer qu’elles vont bien”. (…) Ils se déplacent entre une à six fois par semaine au domicile de la personne âgée ».
Les syndicats soulignent néanmoins les limites de ce service. D’une part, ils soulignent que cette pratique existait déjà de manière informelle, mais que le minutage des tournées des postiers a rendue de plus en plus difficile de remplir une autre fonction que la stricte distribution du courrier. Avec cette marchandisation, les services deviennent inégaux. De plus, la formalisation de cette attitude rend les employés responsables de la santé des personnes visitées. Or, comme le souligne le délégué syndical Pascal Frémont pour Le Monde, les facteurs ne sont pas infirmiers, et peuvent très légitimement se trouver démunis s’ils se trouvent en face d’une personne qui ne va pas bien. Enfin, les syndicats soulignent que la qualité du suivi est aussi à évaluer au regard des objectifs de rentabilité de l’entreprise. Ainsi, un employé ayant participé au projet pilote qui se demandait à quel moment il était pertinent pour lui de faire intervenir des professionnels de santé s’est vu répondre par sa cheffe « S’il tient debout, tu dis qu’il va bien ».

À l’heure où, au Québec comme en France comme ailleurs, le vieillissement de la population devient un enjeu de société, il est important de réfléchir un instant à ce que nous souhaitons pour nos parents, pour nous-mêmes. La vieillesse doit-elle être « surveillée »? Par qui cette « surveillance » devrait-elle être faite? Dans quelles conditions de travail les personnes chargées de s’assurer que des personnes âgées qui seraient à la fois isolées et fragiles se portent bien doivent-elles travailler? Doit-on confier le soin des aînés à des employés mal formés et embarqués dans une logique comptable?

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